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 Ambassade d'un tunisien, Ibn Khaldoun, auprès de Don Pedro 1er de Castille, en 1363, (Hommage a Galmes de Fuentes)

 

Ce savant, Ibn Khaldoun, n'est autre que le grand historien et sociologue tunisien, d'origine lointaine de Hadhramaout, dans le Yemen.

Sa famille dont l'ancêtre éponyme, Khaldoun, entra en Espagne au moment de la conquête arabe, s'établit à Carmona. Au bout d'un certain temps, la famille se transporta à Séville avec la milice du Yemen où elle joua un rôle de premier plan, notamment avec l'ancêtre d'Ibn Khaldoun, Khaled, qui gouverna la ville pendant quelque temps. Du temps de l'historien andalou Ibn Hayan, cette famille occupa les premiers rangs, non seulement dans la politique, mais aussi dans la culture et la science. Telle fut la position de cette famille pendant la période de l'émirat omeyyade de Cordoue et des Reyes de Taïfas. Au cours de cette dernière période, elle perdit beaucoup de son prestige et ce n'est que pendant la première période du règne du Abbadite Al-Mootamid qu'elle connut un regain de célébrité, car ce dernier éleva quelques uns de ses membres aux charges de Vizirs et les associa à la bataille de Zallaqa, après laquelle Youcef Ibn Tachfine destitua Ibn Abbad et le déporta au Maroc.

Sous les Almohades, Séville est entre les mains du gouverneur Abou Mohamed Abdelwahid, plus tard gouverneur à vie à Tunis, suivi de son fils Abou Zakaria, lui aussi, gouverneur à Tunis et promoteur de la dynastie hafside. Pendant que ce dernier détenait son commandement à Séville, un des ancêtres d'Ibn Khaldoun fit présent à Abou Zakaria d'une esclave galicienne qui lui donna de nombreux enfants et qui fut appelée par la suite «mère des califes». Appelé à Tunis comme gouverneur, il secoua le joug des Almohades et se déclara indépendant au XIIIe siècle. Le pouvoir qu'il s'était approprié devait durer jusqu'au XVe siècle. La famille Ibn Khaldoun, après différentes actions hostiles contre les chrétiens, devait promptement se retirer à Ceuta pour échapper aux représailles. L'un des ancêtres d'Ibn Khaldoun, Hassen, devait rappeler au Hafside de Tunis, Abou Zakaria, les liens d'amitié qui unissaient sa famille au prince. Il le rejoignit alors que ce dernier était à Bône. Il fut généreusement accueilli et reçut les plus riches prébendes. Il mourut à Bône. Son fils Abou Bakr devait profiter amplement de ses bienfaits. Entretemps, étaient morts, Abou Zakaria et son successeur Al-Moustansir, le trône de Tunis passant au fils de ce dernier, Yahìa. Mais le frère d'Al-Moustansir, le prince Abou Ishaq, vint d'Al-Andalus où il s'était retiré et détrôna ce dernier, s'apro­priant l'autorité du Royaume de Tunis (Ifriqia). Abou Ishaq confia à Abou Bakr Ibn Khaldoun la haute charge des Finances puis il confia la même charge à Mohamed, le grand-père de notre historien, Ibn Khaldoun, qui la conserva sous le règne de Abou Farts, le fils et successeur de Abou Ishaq. Abou Farts fut destitué et tué, et Abou Bakr Ibn Khaldoun, qui était avec lui, réussit à s'échapper avec un autre haut dignitaire d'origine espagnole, Ibn Sayid En-Nès. Arrivé à Tunis, avec son fils Mohamed fils d'Abou Bakr Ibn Khaldoun après différentes péripéties, Abou Bakr gagna Tunis où il fut bien reçu par le Sultan qui proposa à son fils Mohamed la charge de Grand-Chambellan du Royaume, qui la déclina au profit de l'andalou Ibn Sayid En-Nas.

Les Ibn Khaldoun s'établirent au coeur de la médina de Tunis à quelque cent mètres de la Grande Mosquée Zitouna, dans une maison qui est encore connue par leur nom. C'est dans ce quartier, à l'école coranique M'sid El-Qobba, que notre historien reçut son initiation que différentes sciences de l'époque sous la direction des plus hautes somités de l'époque, lesquelles étaient, en très grande majorité, d'origine andalouse. Citons-les pour mé­moire: les Valenciens Mohamed Ibn Borrai et Mohamed El-Baterni (Pa­terna), le Guadiachi Mohamed Ibn Jaber, Mohamed Ibn Abdallah de Jaen, etc., etc.

Lorsque Abou Al-Hassan Al-Marini vint à Tunis, en 1348, il était accom­pagné d'une playade de savants marocains, la plupart aussi d'origine anda­louse. Bon nombre d'entre eux furent les hôtes du père d'Ibn Khaldoun. Notre futur historien assista à leurs réunions et à leurs discussions et fut même l'élève de beaucoup d'entre eux. Parmi eux citons: Mohamed Ibn Ibrahim d'Avila, Abdallah Ibn Younceíi de Malaga, etc., etc.... Tels furent les maîtres d'Ibn Khaldoun, une majorité d'andalous d'origine qui ne pouvaient qu'à tout bout de champ raviver un atavisme à fleur de peau chez le jeune Ibn Khaldoun. La richesse du bagage scientifique et littéraire acquis auprès de ces maîtres ne pouvait que le désigner à l'attention du prince de Tunis de l'époque qui lui octroie la haute charge de Ministre. De même sa notoriété n'échappe pas au Sultan du Maroc, le mérinide Abou Ivan, qui lui confie la charge de Ministre-Secrétaire particulier. Au cours de cette mission, il eut le temps par ses lectures et ses rencontres avec les différents savants et notamment ceux d'entre eux qui étaient d'origine andalouse - il eut largement le temps de se perfectionner et d'acquérir, aussi bien dans les domaines littéraire et scientifique, que dans la fréquen­tation de ces hauts esprits, une expérience de plus en plus vaste des hom­mes et une plus grande maturité.

Ainsi la carrière d'Ibn Khaldoun au Maroc demeura de plus en plus brillante et son succès demeura intact sous le successeur d'Abou Ivan. Mais ses relations avec le prince flanchèrent quelque peu. C'est pourquoi, Ibn Khaldoun ne cessa de manoeuvrer pour quitter le Maroc. Sous le pré­texte d'aller en pèlerinage, il fut autorisé à partir, à la condition que le voyage se fasse par mer. Cette restriction servait grandement les vues d'Ibn Khaldoun qui s'empressa de gagner l'Espagne.

Il fut accueilli à Grenade par son prince nasride, Al-Ghani Billah, avec les plus grands égards. «Il m'octroya ses plus hautes faveurs, dit Ibn Khaldoun, comme de me compter parmi les membres de son conseil royal, de me compter parmi ses intimes dans ses séances privées, de me compter parmi les membres de son cortège officiel». Pendant cette époque, il eut l'occasion de resserrer ses liens d'amitié avec le grand homme politique et le grand lettré andalou, le Ministre Ibn Al-Khatib. C'est pendant son séjour à la cour de Grenade, qu'il fut chargé d'une ambassade auprès de Don Pedro ler de Castille, à l'effet de prolonger l'état de paix entre les deux royaumes musulman et chrétien.

Voici comment Ibn Khaldoun, lui-même, parle de cette ambassade: «Je quittai (le roi de Grenade), l'année 765, pour rejoindre le «Satrape», roi de Castille alors, Pedro fils d'Alonso (Alphonse XI) pour parfaire l'accord de paix entre lui et les autorités transméditerranéennes (des rives marocaines). Je tenais pour lui des présents somptueux comportant des pièces d'étoffe de soie, de splendides purs-sang avec des harnachements lourds en or. C'est à Séville que je rencontrai Don Pedro et c'est là que je vis de mes propres yeux les vestiges de mes ailleux. Le roi me traita avec les plus grands honneurs, et il manifesta à mon égard les marques de sa parfaite sympathie. Son médecin juif, Ibrahim Ibn Zarzar, le mit au courant des antécédents de mes ancêtres à Séville. J'avais rencontré ce dernier à la cour de Abou Ivan al-Marini qui l'avait appelé à son chevet alors que le médecin se trouvait au service des Nasrides de Grenade. Par la suite, il passa au service du «Satrape», auprès de qui il s'établit comme médecin particulier du Roi. A mon arrivée chez Don Pedro, il fit mon éloge. C'est pourquoi le Roi me proposa alors de m'installer chez lui afin qu'il me rende la totalité des possessions de mes ancêtres à Séville, lesquelles étaient entre les mains des hauts dignitaires de son royaume. Pour me dérober à cette offre, je fis valoir des raisons qui m'empêchaient d'accepter. Finale­ment, il se rendit à mes raisons. Et jusqu'à mon départ, il continua de me traiter avec la plus grande aménité. A mon départ, Don Pedro me remit un généreux viatique et me fournit un cheval. Il me remit aussi une mule puissante pour mes lourdes charges et deux mors en or dont je fis présent au Sultan de Grenade.

Pour me récompenser du succès de mon ambassade, le Sultan m'octroya l'apanage de d'Elvira, dans la plaine irriguée de Grenade et me remit à cet effet mon décret de nomination dont voici le texte.

Ce texte ne figure pas dans Ibn Khaldoun qui l'a, sans doute, omis ou perdu. S'en trouve-t-il encore une copie dans quelque archive d'Espagne? Nous l'ignorons.

Là donc s'arrête la relation d'Ibn Khaldoun concernant son ambassade auprès de Don Pedro 1er de Castille; non seulement elle est courte, mais aussi elle est très vague. C'est d'ailleurs le cas de toutes les relations d'ambassade ou de presque toutes. On chercherait en vain des renseignements sur l'état des tractations, sur la description de la cour dont on est l'hôte, sur les usages de cette cour, etc., etc....

En conclusion, nous avons là, au travers d'un témoignage puisé entièrement dans l'autobiographie d'Ibn Khaldoun, le profil d'un homme de culture qui en toute circonstances vécut avec la nostalgie de l'Andalousie, pays dans lequel vécurent en maîtres ses ancêtres, accaparant autorité, biens et prestige. Bien qu'ayant récupéré une grande partie de tout cela au travers de plusieurs générations, en différents points du Maghreb, sa famille semblait à Ibn Khaldoun n'avoir jamais récupéré ce qu'elle avait perdu en Espagne. Aussi passa-t-il toute sa vie à s'informer sur ce pays et à acquérir toutes qualités propres à l'y faire retourner en fils de Séville digne de ses ancêtres.

 

Slimane Mostafa Zbiss 


 
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