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  Histoire des Andalous en Tunisie
 BREF APERÇU SUR LES ASPECTS HISPANO-ANDALOUS DE LA CULTURE TUNISIENNE

Les rapports de la Tunisie et de l’Espagne remontent à très loin dans l’Antiquité et se précisent à l’époque carthaginoise et ce n’est pas un hasard que le Sain-patron de la ville de Barcelone soit Amilcar Barca père de notre héros national tunisien Hannibal. Ces rapports se renforcent davantage à l’époque romaine, autant qu’ils peuvent l’être entre deux pays intimement liés au sein d’un même empire, l’Empire de Rome.

Mais c’est à la conquête arabe que ces rapports vont connaître le caractère d’une association directe qui évoluera par la suite de la façon la plus originale.

En effet, la conquête arabe de l’Espagne est partie de Kairouan portant ainsi jusqu’aux Pyrénées les limites du pouvoir de l’Emir de Kairouan dont les troupes étaient composées autant d’éléments arabes d’orient que d’élément berbères d’Afrique du nord. Le détroit de Gibraltar qui , jusque là était en passage occasionnel, devient une voie d’eau fort active, une sorte de pont au travers duquel la liaison entre l’Afrique et l’Espagne devient constante.

Passage d’hommes, mais également passage de culture, d’Est en Ouest, les premiers temps, et dans les deux sens par la suite. L’Islam, la langue arabe entrent les premiers en Espagne avec les nouveaux occupants. Mais aussi les querelles tribales, les inimitiés raciales entraînant parfois des troubles politiques et notamment la rupture avec Kairouan et l’établissement d’un émirat arabe indépendant en Espagne, l’émirat Omeyyade. Mais s’il y a une séparation territoriale sur le plan théorique, il n’y  en a aucune sur le plan pratique. Les gens continueront à circuler librement au travers des frontières qui en fait n’existent pas. On les traversa chaque année, sans les voir, pour aller en pèlerinage à la Mecque ou pour en revenir. On s’arrêtera quelques temps ou plus longuement, là où des raisons, de négoce, d’études ou de simple commodité vous retiennent. On peut même contracter mariage à Kairouan ou à Fès et y finir ses jours.

Une telle unité de religion et, plus étroitement, de rite, de langue et d’usage et mentalité faisait que chacun se trouvait toujours chez soi là où il allait. La seule différence, au demeurant fort minime était l’ethnique qui s’accrochait en appendice au nom patronymique et qui constituait une simple précision d’identité mais jamais un objet de discrimination.

Mais les progrès de la Reconquista en Espagne vont conduire à la prise de nombreuses grandes villes espagnoles, surtout au XIIIe siècle, Cordoue, Valence, Séville. Si le gros de la population est demeuré en place, acceptant de vivre sous domination chrétienne, de nombreux groupes gagnèrent les terres espagnoles restées musulmanes ou se répartirent en Afrique où leur intégration se trouva vite assurée. Ne serait le sol natal qu’on n’a pas quitté sans regret, que l’on se rappelle toujours avec une certaine nostalgie on n’a pas l’impression, sur le sol africain, de se trouver en pays nouveau ou inconnu.

La population andalouse qui se fond rapidement à la population autochtone apporte à celle-ci certaines variantes dans le mode de vie et la façon de se comporter, toutes choses qui enrichissent la culture tunisienne. Ces Andalous, quant à eux, mèneront dans le pays qui les a reçus une vie de quiétude complète et ils y trouveront prospérité et honneurs.

Nombre d’entre eux deviendront vite des grands du Royaume. La Tunisie, en particulier, prendra figure, auprès des émigrants andalous des siècles suivants, de pays où l’accueil et le séjour sont les plus avantageux et où l’on préfère prendre retraite.

Et c’est pourquoi, lorsque Grenade tombe au pouvoir des Chrétiens et qu’un certain nombre de Musulmans choisissent de quitter l’Espagne, c’est vers la Tunisie que des groupes d’entre eux vont, de préférence, chercher refuge. Cet exode vers la Tunisie continuera tout au long du XVIIe siècle, après l’édit  d’expulsion pris par Philippe III d’Espagne, en 1609, sous la forme d’un très vaste déplacement humain. Le lot de réfugiés  venus en Tunisie atteindrait le quart de million, introduisant dans ce pays d’accueil exactement les mêmes apports culturels introduits, à partir du XVIe siècle, dans les pays de l’Amérique latine.

Tout au long de ce XVIe siècle, l’effort espagnol de désarabisation et de désislamisation  avait amené les anciens musulmans à une participation, tous les jours en progrès, à la vie nationale espagnole. L’unification au sein de la Chrétienté, tout en marquant le pas parfois, allait vers une réalisation certaine.

Mais, en Espagne on estimait ces progrès trop lents et on croyait même à un échec certain. On croyait encore que, tant que ces anciens musulmans se trouveraient encore sur le territoire ibérique, ils constitueraient un grave danger pour la nation. Il fallait, par conséquent, leur faire quitter l’Espagne pour extirper à coup sûr le péril. C’est ainsi que survint l’Edit d’expulsion de 1609.

Cet Edit survenait au moment où l’unité du peuple espagnol commençait à prendre corps, et largement : les anciens musulmans ne parlaient plus l’arabe, allaient à l’église, ne s’appelaient plus que Sancho, Herera, Soria, Teruel, Huesca, Lopes, de Los Sios, etc… Une génération plus tard et leur assimilation complète  aurait été réalisée. Mais le sort en décida autrement. Et il se trouve que, si l’Amérique Latine reçut dés le début du XVIe siècle tous les attributs de la civilisation  espagnole de l’époque, la Tunisie en fut également profondément imprégnée. On s’habillera et on mangera à l’espagnole. De même, on pratiquera l’agriculture et on aménagera les villages nouvellement installés. Ces villages sont des copies de ceux qu’on rencontre habituellement en Espagne et qui dans notre pays, sans jurer dans le paysage, y introduisent tout de même, une note inhabituelle.

C’est par exemple, la forme des minarets qui se rapprochent curieusement des clochers d’église, la forme de certaines portes monumentales qui viennent directement de Trujillo, d’Almunocar ou de Malaga. Mais, c’est surtout le fait urbanistique par son tracé en échiquier et ses toitures en pente inclinée ou en pavillon couvertes de tuiles semi-cylindriques émaillées vertes ou sans émail, c’est surtout cela qui nous introduit en un clin-d d’œil, dans une perspective espagnole, alors qu’on se trouve encore à coup sûr en territoire tunisien.

Voilà qui mérite une étude poussée sur un plan comparatif par rapport à l’Espagne mais aussi par rapport aux pays de l’Amérique Latine où l’en ne manquera pas de retrouver les mêmes données qu’en Tunisie dans la mesure où l’Espagne a déversé dans le même temps à peu près, et tant en Amérique qu’en Afrique les attributs d’une merveilleuse civilisation islamo-chrétienne qui fera toujours l’objet de l’admiration universelle.

 

Slimane Mustapha Zbiss

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